Samedi 12 mai 2007
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17:46
Doucement Nicolas, il faut que tu te calmes mon petit.
Assieds toi, nous allons discuter.
Pardon ? Tu veux que je t'appelle "Maître de l'univers" ? Voyons Nicolas, tu sais très bien que je ne peux pas faire cela, ce serait mentir.
Pardon ? Tu veux que je t'appelle "Monsieur le président" ? Je suis désolé, ça non plus, je ne peux pas le faire Nicolas. Là, c'est plus ... personnel.
Pourquoi tant d'empressement dans la mise en place de tes nouvelles réformes Nicolas ? Aurais-tu peur que certaines personnes au sein de ton nouveau royaume puissent encore se dresser contre toi
? Pourquoi n'attends-tu pas que le peuple soit réuni pour faire passer des réformes qui, sans doute, vont entraîner de profonds changements sociaux ? Changements importants qui dans notre belle
démocratie devraient se produire lorsque toute la population est en position de se faire une opinion sur les changements à venir. Peut-être est-ce une surprise que tu veux nous faire ? Comme
c'est touchant ... Tout le monde partirai en vacances et à notre retour, nous retrouverions un pays défiguré par tes lois ? Cela pourrait être marrant mais ... non merci ! Toi aussi parts en
vacances, te détendre, rencontrer d'autres cultures, t'ouvrir l'esprit, apprendre à aimer les autres. Ou pourrais-tu donc bien aller ? Je ne sais pas, laisse moi réfléchir ... Malte peut-être ...
Tu préfères les faire passer en juillet tes réformes ? Alors que la jeunesse, qui n'a majoritairement pas voté pour toi, ainsi que tous les étudiants seront en vacances et que les
juilletistes seront bien loin des préoccupations politiques qui nous taraudent aujourd'hui l'esprit. Ce n'est pas très courageux ça Nicolas.C'est tout petit même. Un peu comme toi
d'ailleurs. Car tu sais très bien que nos capacités de mobilisation seront réduites et c'est ce moment là que tu choisis pour porter le premier coup. Quel mauvais joueur tu fais ! Mais à chaque
coup bas de ta part Nicolas, attends toi à recevoir une réponse appropriée.
Tu sais Nicolas, tu ne peux pas faire n'importe quoi avec ton nouveau jouet. Il existe des règles qu'il faut respecter. Le cas échéant, il pourrait se retourner contre toi Nicolas. Fais bien
attention, car il est modelable ton nouveau jouet, mais pas de n'importe quelle façon sinon il pourrait casser. Et, il vaudrait mieu pour toi qu'il ne casse pas. Tu m'as d'ailleurs l'air d'être
assez calé sur les questions de "rupture". Alors laisse moi t'introduire la notion de "fracture". Je vais te dire à quoi vont mener l'ensemble des réformes que tu souhaites conduire. Ce ne sont
biensûr que des conjectures, des hypothèses nées de ma pensée. Si à long terme, économiquement parlant, tu fais baisser des impôts pour en faire monter d'autres, personne ne sera gagnant excepté
tes riches amis, si tu mènes une politique qui favorise trop les classes sociales aisées, dont tu connais bien les nombreux problèmes (emploi, pouvoir d'achat, discrimination ... hum ... ), au
détriment des classes plus modestes alors interviendra la notion de "fracture sociale". Ai-je besoin de t'expliquer ce que c'est ? Le but aujourd'hui n'est pas d'aggraver les différences mais de
les effacer, de les atténuer au point qu'elles n'existent plus. Car en cas de fracture sociale plus grave encore Nicolas, ta place de président serait bien moins agréable qu'elle ne l'est
maintenant.
Et puis par dessus tout Nicolas, cesse de te mettre à dos une partie de la population sous prétexte que leurs actes ne correspondent pas à tes valeurs, modère tes propos lorsque tu t'exprimes.
Non pas qu'il faille caresser tout le monde dans le sens du poil, ce que par ailleurs tu sais très bien faire quand ça t'arrange. Clin d'oeil aux électeurs du Front National qui ont cru se
racheter une conscience en votant pour toi. Tu as tes convictions, d'autres ont les leurs. Tu veux donner à la France le visage que tu as en tête. Je pense que ce n'est pas en faisant un bond de
40 à 50 ans en arrière ni un retour aux valeurs (très respectables) de nos grands parents que nous deviendrons tous de grands patriotes. le monde d'aujourd'hui, c'est celui de 2007, pas celui de
l'après guerre.
Pourquoi tant de monde craint déjà pour ses libertés alors qu'à peine dans l'exercice de tes nouvelles fonctions, tu n'as encore prononcé un mot. Nous ne t'avons pas stigmatisé Nicolas. C'est ton
comportement qui nous inquiète. Certes, cette vérité est peut-être un peu dure pour toi mais c'est révélateur de la crainte qui nous habite. Tu ne parviendra jamais à nous formater Nicolas, sache
le, je te l'assure. Tu ne parviendra pas non plus à nous stopper avec tes vagues de représentants de l'ordre qui je dois le reconnaître font déjà fort bien leur office de répression de
l'opposition. Mais ils ne nous font pas peur et tu ne nous fais pas peur.
Nous n'avons pas le choix, nous devons te laisser ta chance. C'est la démocratie, n'oublie pas ce terme ni son sens premier, nous ne l'oublions pas non plus. Et contrairement à ce qui se dit en
ce moment, les gens de gauche ne sont pas intolérents non, ils ont simplement peur de la France et de la démocratie que tu nous proposes. Ils sont effrayés de voir que la solidarité, valeur ô
combien plus respectable que celles que tu prônes telles qu'autorité et patriotisme, soit une valeur qui se perde au profit de l'intérêt personnel. Nous ne voulons pas d'une société
individualiste mais d'une société dans laquelle l'entre-aide permettrait à tous d'avoir les mêmes chances de pouvoir vivre convenablement, de pouvoir trouver un emploi sans que l'on soit
jugé sur son nom, ses origines ou son lieu de vie. C'est la démocratie que nous voulons. Il semble que tu tendes légèrement vers une situation inverse et ça, nous ne le voulons pas !
Aller Nicolas, il faut rentrer maintenant.
A très bientôt dans la rue.